dimanche 22 avril 2012

Le Jour de la Terre!

En 1995, l’organisme de charité Projets Saint-Laurent s’est vu octroyer la mission « de stimuler et de valoriser l’action positive à l’égard de l’environnement auprès des individus, des organismes et des entreprises », par le biais de l’organisation du Jour de la Terre Québec : « la célébration par l’action, le 22 avril et tous les jours! ». Bien que cette fête de la Terre soit célébrée depuis plus de 15 ans (voire l’historique du Jour de la Terre Québec), on constate cette année un engouement tout particulier pour cette célébration. Le « printemps érable » fait son chemin et la collectivité semble de plus en plus sensibilisée aux problématiques environnementales (p.ex., îlots de chaleur, étalement urbain, Plan Nord, gaz de schiste, etc.). En plus des festivités locales et actions organisées en région, des écologistes, mais aussi des artistes, des organisations provenant de divers milieux et des citoyens engagés convient la population à un grand rassemblement historique qui se
déroulera à 14h, à la Place des festivals à Montréal.

Écoresponsabilité du rassemblement du 22 avril

Plusieurs dispositions ont été prises afin que cet événement soit le plus écoresponsable possible, notamment au niveau de la promotion et de la publicité. Les organisateurs ont par exemple privilégié une approche web plutôt que papier. En effet, la grande partie de la promotion de l’événement s’est déroulée par le biais des réseaux sociaux, de divers sites Internet et à l’aide de vidéos promotionnelles mises en ligne (cliquez ici pour un exemple). Cette pratique, de plus en plus utilisée par les organisateurs d’événements, semble faire ses preuves et a le mérite de restreindre l’utilisation d’affiches et de prospectus en papier. Les organisateurs ont également distribué à la grandeur du Québec de petits macarons, symbole de la mobilisation pour l’environnement. Durable et voyant, ce petit macaron bleu a été arboré fièrement par plusieurs personnalités connues, ce qui, sans aucun doute, a aidé à la campagne de mobilisation. Des T-shirts à l’effigie du Jour de la Terre sont aussi vendus pour faire la promotion de cet événement. Les organisateurs se sont associés à l’entreprise fibrEthik qui fabrique des vêtements faits de coton équitable et biologique. En 2011, fibrEthik a ainsi permis d’empêcher le rejet de près de 845 litres de pesticides toxiques et cancérigènes et de 338 litres de produits toxiques dans les champs de coton. Cela a aussi permis de faire une économie de 74 kg de CO2 dans l’atmosphère ! De plus, pour chaque T-shirt vendu, le Jour de la Terre Québec plantera un arbre dans son réseau de corridors verts au Québec. Afin d’être le plus écoresponsable possible, un service de transport en autobus a aussi été établi. D'ailleurs, les organisateurs demandent aux participants de ne pas venir en auto, mais de plutôt privilégier les transports actifs et collectifs. Ils proposent également d’amener des bouteilles d’eau réutilisables le jour de l’événement, afin d’éviter l’utilisation de contenant de plastique jetable.

Au-delà de l’écoresponsabilité événementielle

Chaque année, de plus en plus d’événements se déroulent de façon écoresponsable. Des normes strictes guident les organisateurs à chaque étape, de la conception au déroulement de l’événement : publicité, transports, gestion des déchets, alouette! Tout est mis en place pour minimiser l’empreinte écologique de ces événements. Le rassemblement du 22 avril ne fait pas exception. Là où il se distingue toutefois, c’est par l’ampleur de son écoresponsabilité. En effet, non seulement sa « forme » est écoresponsable, mais son contenu l’est tout autant, sinon plus. Pensons-y bien : le but ultime est de sensibiliser Québécoises et Québécois aux enjeux environnementaux et de les mobiliser à faire des actions collectives pour le bien commun. Par cet événement, les organisateurs tentent de responsabiliser la population et de faciliter la prise en charge collective de l’environnement, pour protéger l’avenir des générations futures.

Parmi les actions prises pour faire participer les citoyens, notons par exemple la Déclaration « Le 22 avril, on va se faire un printemps ». Tout un chacun sont invités à la signer afin de démontrer qu’ils tiennent à cœur la défense du bien commun, le partage de la richesse, les droits de tous les citoyennes et citoyens, et le respect de l’environnement. La journée même de l’événement, les citoyennes et citoyens sont invités (es) à participer à la création du plus grand arbre humain jamais réalisé sur la planète. Ça promet! Les organisateurs de l’événement invitent également la population, les organisations et les entreprises à participer au Défi-Climat et à compenser les émissions de carbone de leurs propres événements par l’achat de crédit de carbone.

D’autres exemples

On voit de plus en plus des événements qui ont comme visée la conscientisation et la mobilisation de la population vis-à-vis l’environnement. Certains événements comme le Défi-climat amènent les individus ainsi que les entreprises à devenir de plus en plus écoresponsables et de meilleurs éco-citoyens. La Semaine des transports collectifs et actifs, Une heure pour la Terre ainsi que la Semaine québécoise de réduction des déchets sont d’autres exemples tels d’événements. L’impact de ce genre d’événement est considérable puisque leur empreinte écologique est minime, mais aussi parce qu’ils mobilisent la force collective pour aider la cause environnementale.

Bravo à ces événements inspirants! Mobilisons-nous, afin d’être écoresponsables à notre tour.

Anne-Sophie Gousse-Lessard pour Écologistik

Liens utiles

Jour de la Terre : http://www.jourdelaterre.org/

Événement FB : https://www.facebook.com/events/365203790171108/

Groupe : https://www.facebook.com/22avril2012?ref=ts

Cliquez ici pour signer la Déclaration du 22 avril et vous engager à être présente à Montréal ou à poser un geste symbolique dans votre région à 14h pile.

vendredi 11 novembre 2011

Quand écoresponsabilité rime avec économie

On imagine souvent que pour organiser un événement écoresponsable, il faut disposer d’un budget important : l’écoresponsabilité, croit-on, engendre des frais supplémentaires qu’il peut être difficile d’assumer. Pourtant, rien n’est plus faux : lorsqu’il est bien planifié, un événement écoresponsable peut non seulement ne pas coûter plus cher qu’un événement classique, mais peut aussi permettre de faire des économies considérables, et ce, à différents niveaux.


Comment y parvenir?

La clé des économies, lorsqu’il s’agit d’inclure les principes de consommation responsable à l’organisation d’un événement, réside dans la bonne planification. En effet, c’est en tenant compte de l’écoresponsabilité et de ses principes dès le début du montage budgétaire qu’il deviendra possible pour l’organisateur de réduire les impacts négatifs de son événement tout en évitant des frais supplémentaires, et même en effectuant d’importantes économies. On peut parvenir à de telles économies en s’inspirant, par exemple, de la technique des 3R-V en gestion des matières résiduelles : en appliquant les principes de réduction à la source et de réemploi à chacun des postes de dépenses, on réduira de façon significative à la fois les coûts liés à un événement et ses impacts sur l’environnement.


Concrètement

Le planificateur peut réduire ses dépenses (et son impact sur l’environnement) à la source, en se posant les questions suivantes : ai-je vraiment besoin de ce produit ou de ce service? Est-il possible de louer plutôt que d’acheter? Existe-t-il une version réutilisable du produit dont j’ai besoin?

Lors d'un événement de 1500 participants, l’application de cette simple mesure pourrait permettre les économies suivantes[1] :

· 3 900 $ en privilégiant les inscriptions en ligne aux envois postaux

· 11 700 $ en évitant de fournir des sacs aux participants

· 1 950 $ en évitant de fournir un cahier de participant de 15 pages

· 12 187 $ en remplaçant les bouteilles de plastique par des pichets d’eau

· 975 $ en réutilisant des cocardes

· 30 000 $ en évitant de fournir une navette par le choix d’un lieu près de l’hébergement des participants

Le total des économies : 60 712 $ !


Couvrir les frais supplémentaires

À la suite de cet exercice, il peut arriver que certains coûts demeurent plus élevés pour un événement écoresponsable que pour un événement classique; on pense surtout aux frais liés au traiteur, les autres frais ayant tendance à être moins élevés lors d’un événement écoresponsable que lors d’un événement classique. Pour amortir ces dépenses supplémentaires, il est possible pour le planificateur de procéder à la recherche de commanditaires qui voudront s’identifier comme ayant participé à faire de l’événement un événement « vert ». Dans ce cas, l’ajout d’une catégorie « écoresponsabilité » au plan de commandite permettra de couvrir les frais engendrés par le volet responsable de l’évènement.


Marie-Claude Dufour


[1] MPI, May 2003, Volume 23, Number 5, The Meeting Professional, article written by Amy Spatrisano, CMP and Nancy Wilson, CMP