mardi 26 juillet 2011

Journal intime d'un travail ingrat!







À mon équipe de travail dans le cadre de la Coupe du monde de volley-ball, à toutes les personnes (promoteurs, organisateurs, participants, etc.) qui s'engagent à travailler dans le même sens que nous et à toutes les personnes qui, différemment de la majorité de la population, croient qu'il est possible de faire autrement.

Cher journal,

La semaine dernière, lors de la Coupe du monde de volley-ball de plage, moi et mon « Équipe verte », composée de personnes étudiant en vue d’une maîtrise en environnement, de jeunes provenant d'un milieu défavorisé (en lien avec la Maison des jeunes L'Ouvre-Boîte du Quartier & Place de la Rive pour leur faire vivre une première expérience de travail), de personnes à la retraite, etc., nous avons travaillé à la gestion des matières résiduelles dans le but de recycler le plus possible les matières engendrées lors de cet événement. Ayant tous à cœur la mission de recycler au maximum les matières engendrées pendant l'événement pour des valeurs environnementales et sociales, nous avons récupéré environ 2 tonnes de carton et 3,6 tonnes de PVM (plastique, verre et métal), soit l'équivalent du poids moyen d'un éléphant et demi. Nous avons donc recyclé sainement 60 à 70 % des matières générées par l'événement. Quel exploit!


Il va sans dire que je ne me confie pas à toi pour l'extraordinaire résultante, mais pour toute la peine que nous nous sommes donnée pour atteindre cet objectif qui, malheureusement, a été très peu reconnu et valorisé. Nous avons eu droit à des regards hostiles et des blagues désagréables, en plus des senteurs nauséabondes et du sentiment d'infériorité que nous avons vécu. Cela nous a atteints tout au long de notre travail. Bien sûr, nous avons eu quelques mots d'encouragement, mais ils sont bien inférieurs aux mauvais jugements que nous avons reçus.

Pour que tu puisses bien le comprendre, la valorisation des matières résiduelles lors d'événements spéciaux d'envergure est une tâche difficile moralement et même physiquement (pour le montage et le démontage des infrastructures, pour l'acheminement des sacs vers la table de tri, etc.). Il est facile de se contenter d'installer de simples bacs bleus de 360 litres (la grande ouverture de ces bacs est propice à la contamination des matières) et d'envoyer le contenu de ces bacs directement au centre de tri sans aucun prétraitement sur le lieu de l'événement, comme plusieurs le font encore. De par notre expertise, nous savons très bien que cette forme de gestion est inefficace. Beaucoup de ces matières récupérées sont rejetées par le centre de tri parce que le taux de contamination est beaucoup trop élevé ou parce que ces matières ne sont tout simplement pas recyclables. Dans ce contexte, des frais importants sont engendrés pour le centre de tri pour réacheminer ces matières vers l'incinérateur et d’énormes quantités de GES (gaz à effet de serre) sont émises par le transporteur qui circule d'un endroit à l'autre avec les matières.

En connaissance de cause, nous avons choisi et choisissons dans le cadre de notre travail d'effectuer une saine gestion des matières résiduelles. Les deux mains dans les poubelles, nous avons récupéré le plastique recyclable s'y trouvant et, sac par sac, nous avons trié les matières. Pourquoi avons-nous encore aujourd'hui droit à des regards malicieux venant des participants et je dirais même parfois des membres du comité organisateur pour le travail que nous effectuons? Pourquoi la majorité des organisateurs et des participants n'ont-ils pas encore compris l'importance de récupérer la matière afin de diminuer la destruction de nos ressources naturelles? Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi?

Cher journal, je tiens à te remercier pour ton ouverture et ta compréhension qui m'apportent dans le moment présent le réconfort nécessaire afin de continuer à défendre mes valeurs. Je comprends que tu n'as pas de réponse à tous mes questionnements, mais la persévérance sera un jour source de changement.

Longue vie et succès aux événements écoresponsables qui changeront le regard des autres!

Merci à toute mon équipe!

Marie-Claude Dufour, directrice chez Écologistik

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